martedì 7 settembre 2010

Raymond et les marchands du temple

Raymond et les marchands du temple
Les éditoriaux de Jacques Cheminade

Raymond Domenech vient d’être licencié. Ce qui aurait paru impossible il y a quelques années devient une évidence. Alors, je pense ici à d’autres, à beaucoup d’autres qui ont imposé et continuent à imposer au monde un système bien pire que notre entraîneur national à ses Bleus.

L’économie du jeu est partout. Nicolas Sarkozy et Eric Woerth, assistés par le savoir-faire d’un brillant énarque de 32 ans, Sébastien Proto, ont fait voter la loi qui autorise les jeux en ligne sur internet. M. Proto, directeur de cabinet de M. Woerth, est un ami proche d’Antoine Arnault, lui-même beau-fils de Patrick de Maistre, qui doit sa Légion d’honneur au ministre du Travail. Nous pourrions ajouter, pour faire plein carton, que Mme Bernadette Chirac a intégré il y a quelques mois le conseil d’administration de LVMH, la firme de M. Arnault père. Cette inceste entre initiés du monde de l’argent ne se limite malheureusement pas à notre pays.

Le grand jeu s’étend jusqu’à la folie absolue. Aujourd’hui, le « trading à haute fréquence », dont les ordres sont déclenchés par des ordinateurs préprogrammés, représente au moins 30 % du volume d’activité des marchés au comptant européens et 50 % des opérations sur leurs équivalents américains. Tous les jours, quelque 4000 milliards de dollars changent de mains sur le marché des changes : il y passe en 4 jours l’équivalent de l’ensemble du commerce mondial sur une année. Les institutions financières non bancaires et les particuliers spéculateurs s’y précipitent. Sur les Bourses, le « nouveau produit », apparu avec la réglementation MIFID de l’Union européenne, fin 2007, est le Contrat financier pour différences (CFD) avec lequel on peut risquer 10 à 20 fois sa mise en jouant, non plus sur les titres ou produits supports eux-mêmes, mais sur l’amplitude de la variation de leurs prix ! La folle finance est devenue bien plus folle qu’en 2007-2008.

Le mal qui en résulte, par delà l’inéluctable effondrement financier de cette pyramide, est la destruction de la personne humaine. Le joueur – trader ou particulier - est prisonnier de la magie de l’immédiat, surtout s’il se trouve seul face à son ordinateur. Livré à sa cupidité, il ne peut penser au bien commun et au sort des générations futures. C’est vrai pour les hommes politiques enfermés dans le jeu de leur système, comme M. Claude Guéant lorsqu’il répète que la « réforme des retraites est indispensable » ou M. Yvon Gattaz, ancien président de l’Académie des sciences morales et politiques et dirigeant du patronat, acclamé par les participants au Congrès du Medef pour avoir écrit que « les syndicats (…) sont inutiles et nuisibles au XXIe siècle et doivent disparaître ».

La manifestation qui aura lieu demain – j’écris ce 6 septembre au soir – doit montrer la porte à tout ce beau monde. La condition est de lui opposer un vrai combat et un vrai projet. Lorsque j’entends quelqu’un comme Susan George nous dire que l’avenir appartient à un « new deal vert » et qu’il n’y a plus de Bastilles à prendre, « ni à Wall Street ni à la City de Londres », je vois les croupiers politiques et leurs sponsors financiers rire autour du tapis vert mondial. Car le fascisme financier a un visage et ne peut être extirpé que par un grand rassemblement populaire ouvert à toutes les forces qui lui sont hostiles, autour de grands projets d’équipement de l’homme et de la nature. Rouvrir ainsi un horizon à long terme, avec du crédit productif public, notre arme à tous, est un impératif catégorique pour arracher la victoire.

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